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 Programme groupe I

Projet N° 1

Séance du  jeudi  25/09/2014



 

Réalisation d'un répertoire : idiomes français et leurs équivalents européens


I Connaissances à mettre en œuvre :

- téléchargement d'un fichier de données

- choix de l'outil pour réaliser le répertoire

- lancement

- création du fichier répertoire

- enregistrement

- mise en page

- aperçu avant impression

- taille des cellules ( ajustement au texte, retour automatique à la ligne)

- choix de la police et taille des caractères

- figer les volets

- double fenêtre

- sélection, copier-coller


II Texte de données

EXPRESSIONS IDIOMATIQUES
Capotes anglaises et grippe espagnole

Il est toujours fort commode de disposer de bonnes têtes de Turc à qui faire porter le chapeau de ses propres maux, ce qui fait de l'" étranger " une fertile inspiration des expressions idiomatiques. C'est ainsi que la grippe meurtrière du début du XXe siècle a été qualifiée d'arabe en Grèce, d'allemande en Belgique, de grecque en Turquie, d'espagnole en France et au Royaume-Uni – où, pour faire bonne mesure, on a décidé que la rubéole était d'origine germanique (German measles).
Lorsque chez nous les malotrus filent à l'anglaise, outre-Manche ils le font " à la française " (to take French leave) – et il semble que, malheureusement, nous devions accepter la paternité de cette indélicate habitude, l'allemand, le portugais et le grec optant eux aussi pour le " filer à la française ".
Même penchant à attribuer au voisin les objets tabous : si nos capotes sont anglaises, de l'autre côté du Channel on recourt à des " French letters " qui n'ont pas grand-chose de littéraire…
Les égoïstes français boivent en Suisses, tandis que les Américains " vont Néerlandais " (go Dutch) et que les Turcs " paient à l'allemande " quand ils partagent l'addition. L'étranger qui baragouine notre langue sera qualifié de vache espagnole, tandis que, pour le même motif, en Argentine on dira que vous parlez " l'espagnol de la Chine ". Du chinois, ou alors de l'hébreu, chez nous, c'est un discours inintelligible, tandis que, au Royaume-Uni, " c'est du grec " – chinois, hébreu, grec, trois langues à l'alphabet obscur pour les habitués de l'ABC.
La soûlographie est un vice que les Européens rejettent vers l'est avec un bel ensemble : si le Français s'avoue parfois soûl comme un Polonais, l'Espagnol le sera " comme un Cosaque " et le Serbe " comme un Russe ". En revanche, les Français semblent être les seuls à souffrir de portugaises ensablées. On peut tout de même devenir sourd " comme un bâton " en Allemagne, " un poteau " en Angleterre, " une cloche " en Italie ou " un mur " en Espagne – quand, étrangement, nos murs à nous ont des oreilles. Ah, minute prévention : attention, si la masturbation rend sourd en France, elle rend aveugle en Italie.
Côté positif, c'est en Espagne que nous construisons nos châteaux – les indigènes bâtissant les leurs " dans les airs " (hacer castillos en el aire). Et les Anglo-Saxons, nos rosbifs, nous rendent un hommage particulier, à nous, leurs " petites grenouilles " (froggies), en nous attribuant l'invention des frites (French fries) qu'ils aiment tant. Un coup de grisou diplomatique au moment de la guerre en Irak avait d'ailleurs conduit certains restaurateurs américains à rebaptiser rageusement leurs frites " freedom fries ".
Enfin, c'est à se demander si le célèbre " French kiss " n'est pas réellement une invention hexagonale, puisque, de l'Espagne au Danemark en passant par l'Italie, cette chaude façon de s'embrasser est dite " à la française ".